La Rivière Intemporelle

Pour avoir passé de longues heures sur Kingdom Hearts 2, nous connaissons tous le monde de la Rivière Intemporelle, traduit de l’anglais Timeless River. Souvenez-vous, c’est ce monde dans lequel nos héros (en particulier Donald et Dingo) reprenaient leurs habits d’antan ; c’est ce monde dans lequel le son en stéréo laissait la place au mono ; c’est ce monde que l’on ne voyait jamais qu’en noir et blanc.

Seul monde de la saga à appartenir explicitement à un passé lointain, il est le siège d’événements importants puisque Pat Hibulaire tente d’y changer le cours de l’Histoire en brisant les défenses magiques du Château Disney ; il sera heureusement arrêté par Sora, Donald et Dingo. Au cours de leur séjour dans le passé, nos trois compères rencontreront le jeune matelot Mickey au travers de quatre fenêtres temporelles constituant autant de références à d’antiques dessins animés de la célèbre souris : les avez-vous reconnus ?

Je vous propose sans plus attendre de vous replonger dans ce monde attachant pour découvrir (ou vous rappeler !) les différentes références dont la
Rivière Intemporelle est truffée !







Steamboat Willie

On ne présente désormais plus l’archi-connu Steamboat Willie, dessin animé de 7 minutes paru en 1928 et ayant permis à Mickey Mouse d’accéder à la célébrité de manière fulgurante. Légende parmi ses contemporains, cette œuvre n’est pourtant que la troisième production à mettre en avant Mickey Mouse, après Plane Crazy et The Gallopin’ Gaucho. Elle acquerra néanmoins une notoriété inégalable grâce à l’intégration, pour la première fois, du son et de la musique en tant que vecteurs scénaristiques. C’est cette idée de génie de Walt Disney qui propulsera à la célébrité tant Steamboat Willie que son personnage vedette Mickey Mouse, leur conférant ainsi une renommée pérenne encore d’actualité.


Kingdom Hearts 2 rend un très bel hommage à Steamboat Willie en en faisant l’un des éléments-clefs du scénario de la Rivière Intemporelle : le bateau à vapeur est en effet dérobé par Pat qui compte s’en servir pour transporter la Pierre Angulaire de Lumière, et il figure parmi les éléments interactifs du décor lors du combat final. Parmi tous les dessins animés représentés dans la Rivière Intemporelle, Steamboat Willie en constitue sans conteste la référence la plus évidente.

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Les Orphelins de Mickey

La fenêtre la plus à droite sur la Colline de la Pierre Angulaire mène à la maison de Mickey. Celle-ci y est représentée dans sa version la plus simple – à peine quelques meubles ! –, l’essentiel du mobilier ayant été aspiré par un trou noir au centre de la pièce. Lorsque vous entrez dans le foyer, vous apercevez Mickey tentant de sauver ses biens, mais il se fait alors agresser par les Sans-cœur. Charge alors à vous de le sauver.


La zone ne fait référence que très faiblement au dessin animé Les Orphelins de Mickey (Mickey’s Orphan en anglais), paru en 1931 et d’une durée de 7 minutes. Au réveillon de Noël, par un soir enneigé particulièrement froid, tandis que Minnie joue du piano et que Mickey décore son sapin de Noël, une vieille femme encapuchonnée vient déposer un panier devant la porte avant de sonner et de s’enfuir précipitamment. Pluto ramène le colis à l’intérieur et se surprend à y trouver… des chatons ! Mickey et Minnie sont immédiatement conquis, mais Pluto ne partage pas leur enthousiasme. Rapidement, la situation dégénère : les chatons s’éparpillent dans toute la place et y multiplient bêtises. Le couple partage néanmoins sa bonne humeur et Mickey enrôle même Pluto dans une de ses idées : il le déguise en renne et s’habille lui-même en Père Noël sur un rocking chair lesté de cadeaux avant d’attirer à lui tous les chatons et d’y organiser une distribution de présents, content et fier de lui, en dépit de l’irrespect et de la désinvolture chroniques des invités. Les chatons improvisent alors un concert de fortune au cours duquel ils achèvent de dévaster le domicile à force de bêtises, sans parvenir à entamer la bonne humeur des deux souris. Le dessin animé se conclut sur l’illumination en grande pompe du sapin de Noël, aussitôt pris d’assaut et taillé en pièces par les chatons démoniaques sur un dernier regard sidéré (voire peiné ?) des deux amoureux.

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L'immeuble en feu

La deuxième fenêtre en partant de la droite mène à un immeuble en proie aux flammes. A son arrivée dans la zone, Sora remarque Mickey qui tente sans succès d’éteindre les flammes et de sauver le bâtiment ainsi que ses occupants, mais la souris prend très vite la fuite devant l’ardeur du feu. Après s’être occupé de l’incendie, Sora est remercié par Mickey.

Le concept de l’immeuble en feu est un concept récurrent chez Walt Disney. En ce qui concerne les dessins animés impliquant Mickey, deux d’entre eux peuvent prétendre à constituer une référence dans Kingdom Hearts 2 : Mickey Pompier et Combattants du Feu.



Combattants du Feu

Combattants du Feu (en anglais, The Fire Fighters) est un dessin animé en noir et blanc paru en 1930 et d’une durée de sept minutes. Lorsqu’un incendie se déclare dans un immeuble en ville, toute la caserne de pompiers est réveillée et se met en alerte. Le départ se fait tout en musique et n’est d’ailleurs pas sans rappeler Steamboat Willie par la propension de Mickey à utiliser tout ce qui l’entoure (y compris des chevaux et des chats…) pour ajouter un peu de mélodie à l’ambiance générale… Hélas, le camion pompier est vite disloqué par les cahotements dus aux irrégularités de la route, et Mickey et Horace se retrouvent alors seuls pompiers devant l’immeuble en feu en pleine évacuation. En dépit de maintes péripéties et de l’échec de leur mission face aux flammes, nos deux compères feront quand même front et Mickey parviendra à aller sauver Minnie, enfermée (bien évidemment) à l’étage le plus élevé de l’immeuble.


Du fait qu’il est en noir et blanc, Combattants du Feu fait bien plus penser à la Rivière Intemporelle que Mickey Pompier, qui est en couleur. De surcroît, nous retrouvons explicitement, dans Combattants du Feu, l’immeuble en flammes qui apparaît à la seconde fenêtre en partant de la droite sur la Colline de la Pierre Angulaire : celui-ci se meut d’ailleurs de la même façon, se tordant volontiers sous l’effet de l’incendie comme pour figurer une souffrance matérielle. Tout comme dans Kingdom Hearts 2, Mickey est aussi la seule personne présente pour tenter de contrer l’incendie ; heureusement, l’intervention de Sora permet d’altérer favorablement le dénouement de l’histoire. La référence est donc plus évidente dans Combattants du Feu, mais j’ai tenu à conserver celle de Mickey Pompier car elle s’inscrit également dans le cadre très classique du bâtiment enflammé.

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Mickey Pompier

Parmi les six dessins animés décrits dans cet article, Mickey Pompier (en anglais, Mickey’s Fire Brigade) est le seul à être doté de la couleur : sorti en 1935, il est en effet très contemporain de La Fanfare, paru également en 1935 et premier dessin animé avec Mickey intégralement en couleur. En fait, Mickey Pompier est tout simplement le troisième dessin animé en couleur à mettre en avant Mickey, et c’est surtout de ce fait que se souviendront les décennies suivantes. D’une longueur de sept minutes, le scénario de ce cartoon n’a rien d’exceptionnel et réitère beaucoup de gags déjà expérimentés dans ses prédécesseurs : il faut donc s’attendre à une similarité exagérée, voire agaçante, avec Combattants du Feu.


Lorsqu’un incendie se déclare dans un immeuble de quelques étages d’une ville isolée, les pompiers Mickey, Donald (dont les faits d’armes lors de La Fanfare retentissent encore) et Dingo sont appelés à la rescousse avec leur citerne mobile. S’ensuit alors une longue succession de péripéties typiques de Disney et de maladresses de nos héros qu’il serait absurde d’énumérer ou de décrire à l’écrit. Les flammes n’ayant visiblement pas l’intention de se laisser faire par les pompiers, une lutte acharnée débute alors entre l’incendie vorace et les trois pompiers bien décidés à accomplir leur mission. Les flammèches, ici personnifiées tout autant que la fumée, dotées d’une consistance physique et d’une volonté consciente, y jouent le rôle d’antagonistes et s’amusent à tourner nos trois héros en bourrique (on reconnaît d’ailleurs la mélodie Qui a peur du grand méchant loup ? jouée par cinq flammèches au piano, au cours du dessin animé). Bien entendu, ce ne sont pas les seules sources de comique du cartoon, puisqu’elles en jalonnent l’intrigue jusqu’aux toutes dernières secondes.


Si le scénario du cartoon est une sorte de remake de Combattants du Feu et, de ce fait, ne brille pas d’originalité, sa réalisation technique en fait néanmoins un petit bijou pour l’époque. En effet, pratiquement toutes les scènes présentent du mouvement, grâce à l’animation des flammèches qui sont omniprésentes dans Mickey Pompier. Mais le talent des studios Disney ne s’arrête pas là, puisque les décors sont également particulièrement soignés pour l’un des premiers cartoons en couleur de la firme. Au-delà de l’aspect visuel, Mickey Pompier est également l’occasion de présenter une mécanique déjà bien huilée et qui sera appliquée dans bon nombre des dessins animés futurs de la firme : celle du trio dirigée par Mickey, dont les membres vont rapidement se séparer les uns des autres pour vivre des péripéties chacun de leur côté avant de se retrouver vers la fin de l’aventure.

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Mickey Gulliver

La deuxième fenêtre en partant de la gauche mène à une zone nommée Lilliput : il s’agit d’une ville miniature cerclée de remparts et abritant en son centre une tour de garde armée de canons. Lorsque vous entrez dans cette zone, des Sans-cœur vous attaquent et vous pouvez les repousser à l’aide du canon. Ce faisant, Mickey surgit alors pour vous remercier de votre secours.


Cette fois-ci, la référence au dessin animé Mickey Gulliver (Gulliver Mickey en anglais) est particulièrement explicite. Paru en 1934 et d’une durée de 9 minutes, l’œuvre débute par une introduction au cours de laquelle Mickey est convié à raconter une de ses aventures à ses innombrables neveux chérubins. Il va finalement s’inspirer de son roman de chevet du moment, Les Voyages de Gulliver, pour décrire son naufrage, par une nuit de tempête, sur une plage inconnue où il s’écroule de fatigue. A son réveil, il se découvre solidement ligoté et attaché sur la place centrale d’une ville miniature dont les habitants minuscules sont effrayés par lui. Intrigué, il se défait très facilement de ses liens et observe, amusé, l’artillerie locale se précipiter pour l’encercler et le bombarder de projectiles inoffensifs. Il finit néanmoins par se relever et reculer sous l’assaut conjoint des archers, de l’artillerie et de la cavalerie qu’il s’amuse d’ailleurs à tourner en ridicule. Faute de mieux, la fameuse tour à canons que nous voyons dans Kingdom Hearts 2 arme alors ses projectiles et fait feu sur la souris géante sans davantage de succès ; les galères de guerre ne parviennent pas à un meilleur résultat. C’est le moment que choisit l’araignée géante Pat pour faire irruption dans la ville et saccager tous les bâtiments sur son passage. S’engage alors un combat acharné que Mickey, pris dans l’action, s’empresse d’imiter avec frénésie devant ses neveux. Suite à quoi, pour s’amuser, l’un des neveux lui lance dessus une araignée en plastique, effrayant mortellement Mickey qui se révèle alors être arachnophobe.

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Bâtissons

La fenêtre la plus à gauche sur la Colline de la Pierre Angulaire fait débarquer Sora sur des échafaudages précaires suspendus en hauteur. A son arrivée, il est surpris par des Sans-cœur mais Mickey lui vient vaillamment en aide. Après le combat contre les créatures des Ténèbres, Mickey remercie Sora d’avoir ainsi protégé le chantier avant de prendre la poudre d’escampette.


Bâtissons (en anglais Building a Building) est un dessin animé de 7 minutes sorti en 1933. Mickey y est un employé travaillant sur un gros chantier, aux commandes d’une pelleteuse. Arrive alors Minnie au pied des échafaudages, vendeuse de paniers repas auprès des charpentiers. Mais voilà que le vent emporte au loin son chapeau ! Mickey le récupère et le lui remet galamment, mais renverse accidentellement de la terre sur le contremaître Pat. Terrifié par la réaction de son supérieur, Mickey se hâte de déguerpir et se met à convoyer un chariot de parpaings au travers du chantier. Séduit et distrait par Minnie, il finit néanmoins par renverser toute sa cargaison sur la tête du même contremaître, avant d’atterrir lui-même dessus ! Il est alors tout juste sauvé par le gong, sonnant ainsi l’heure du déjeuner. Pour se venger, Pat lui vole discrètement son déjeuner ; Minnie décide alors de proposer gratuitement un de ses paniers repas à la souris. Egalement intéressé par les charmes de Minnie, Pat se montre quelque peu trop entreprenant envers elle. Mickey vole prestement à son secours et, malgré d’évidentes difficultés et autres péripéties, les deux tourtereaux parviennent à s’enfuir indemnes du chantier dévasté.

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Le mot de la fin

En fin de compte, le monde de la Rivière Intemporelle cumule des références à pas moins de six dessins animés de Disney, et pas forcément les plus connus. Un effort très louable qu’on espère pouvoir retrouver dans les futurs opus de la saga, qui gagnerait d’ailleurs à se rappeler que sa pertinence est subordonnée à la présence tant de Final Fantasy que de Disney, tandis que sa prise d’indépendance ne serait qu’un nouvel absurde non-sens.


Dossier réalisé par Noxat.

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