Test > Epic Mickey
logo Epic Mickey

Le dernier jeu du célèbre Warren Spector, Epic Mickey revient de loin. Dévoilé en 2008 par une poignée d'artworks mettant en scène les personnages de Disney dans un univers Steampunk, il en a déçu plus d'un en s'illustrant par la suite par des images de basses qualités, bien loin de l'ambiance noire promise quelques mois plus tôt. Mais c'était sans compter un retour fracassant lors de l'E3 2010, qui rassura tous les fans de la souris aux grandes oreilles. Le jeu s'annonçait en effet comme l'un des plus beaux de la Wii, et le côté sombre était plus que jamais présent.
Alors, Mickey Mouse peut-il réellement quitter son univers tout rose, et être le héros d'un jeu noir ?


Suis le Lapin Noir, Mickey...

Epic Mickey nous fait remonter loin, loin en arrière, à l'époque où notre souris préférée faisait encore des bêtises ! Car oui, avant d'être le héros sans peur et sans reproche que nous connaissons, Mickey était un souriceau qui cumulait les gaffes. Alors quand, bien avant sa brillante carrière, il tombe sur un pinceau magique permettant de peindre tout ce qu'il veut, il n'hésite pas une seconde à s'amuser, sans savoir qu'il causera le Grand Chambardement sur le Monde de la Désolation, un monde crée pour accueillir les anciens héros de Disney oublié, et qu'il créera le Fantôme Noir par la même occasion.
Alors il camoufle son méfait tant bien que mal, et file se cacher dans sa maison, alors que Yen Sid, son futur maître, découvre les dégâts que la souris a causée. Les années ont passées depuis cet incident, et Mickey a eu la brillante carrière qu'on lui connait. Mais par un beau matin, alors qu'il roupille sagement dans son lit, le Fantôme, devenu suffisamment puissant, en profite pour s'échapper du Monde la Désolation, et capturer notre bon Mickey. Mais alors que la souris arrive à se libérer de l'emprise du Savant Fou, le complice du Fantôme, il aperçoit un ancien personnage de Disney qui lui ressemble fortement...

/ /

Il s'agit d'Oswald, le Lapin Chanceux, ancienne mascotte des studios Disney oubliée de tous. Poussé par Gus, un Gremlin - des créatures elles aussi oubliées, puisque le dessin animé qui leur était dédié n'a jamais vu le jour - Mickey décide d'utiliser le Pinceau Magique emprunté à Yen Sid pour rattraper Oswald, et trouver comment s'échapper du Monde la Désolation. Peut-être, s'il a le temps, le sauvera t-il, lui et ses habitants, qui sait ?
Voilà le scénario d'Epic Mickey. Même s'il n'est pas bourré de retords scénaristiques, il reste avant tout une excuse pour nous retracer l'histoire des dessin-animé de Mickey et de ses amis, et rendre un bel hommage à cette firme qui aura su en faire rêver plus d'un. Car c'est ce qu'est Epic Mickey un superbe hommage aux histoires pleines de magie et d'animaux qui parlent.

Deux façons de tout faire

Le gameplay du jeu, très original, est on ne peut plus simple et la prise en main immédiate. Mickey, grâce à son pinceau magique, dispose de deux peintures différentes, l'encre et le dissolvant. Avec la première, il peut peindre le décor et faire apparaître de nouveau éléments, comme des passerelles ou des ponts, alors qu'avec le dissolvant, il peut à l'inverse effacer de nombreux éléments du décors, et bien souvent découvrir des passages dérobés. Il suffit de viser à l'aide de la télécommande Wii pour envoyer la peinture sur n'importe quoi : décors, personnages, ou même les ennemis. Car il existe deux manières de tuer les créatures du Fantôme ; en les détruisant avec le dissolvant, ou en les rendant gentil, avec la peinture. Même lors des affrontements contre les Boss de fin de niveau, vous pourrez être gentil, ou égoïste et méchant. On pense notamment à l'affrontement contre un Capitaine Crochet robot, combat épique, où l'on peut détruire le Capitaine depuis son bateau, ou partir escalader les voiles pour délivrer l'acolyte de Pat Pan.

/ /

Il existe d'ailleurs deux façons de tout faire dans Epic Mickey. En effet, chacun de vos actions à une conséquence sur le fil de l'histoire, sur le comportement des personnages avec vous, sur la musique et même sur l'apparence de Mickey, qui se mettra à dégouliner d'encre comme le Fantôme. Il est donc possible d'être un héros aux yeux de tous, en sauvant tous les Gremlins et en peignant le Monde de la Désolation, ou bien de laisser libre court à votre colère, en détruisant tout sur votre passage. Le ton est d'ailleurs donné dès le début du jeu, où vous devez choisir entre ouvrir un coffre, ou sauver un Gremlin. Et même si la fin du jeu changera légèrement en fonction de vos actions, c'est surtout au niveau des Quêtes disponibles que ce fera sentir la différence. Il n'est pas possible de finir le jeu en une seule fois à 100%, puisque certaines Broches à collectionner, ou encore plusieurs Quêtes annexes ne se débloquent qu'à certaines conditions. Il faudra donc refaire le jeu une seconde fois, en effectuant d'autres choix, pour tout débloquer (à savoir qu'en plus d'artworks préparatoires, il est surtout possible de débloquer deux anciens dessin-animé de Mickey et Oswald, de quoi ravir tous les fans).

/ /

Néanmoins, le jeu souffre d'un très gros défaut, qui en rebutera sans doute plus d'un ; sa caméra. En effet, très capricieuse, et pas maniable pour deux sous, la caméra du jeu rend certains niveaux injouables. Car même si une simple pression sur un bouton, la recentre la plupart du temps derrière notre souris, il est impossible de la faire pivoter à notre guise, et donc de pouvoir nous déplacer comme bon nous semble. Et même si l'on s'y habitue très vite, ce défaut est loin d'être anecdotique, et on s'étonne que Spector, qui semble avoir peaufiné son jeu sous tous les angles, n'est pas accordé plus de soin à cet aspect du jeu.

Le plus beau jeu de la Wii

Visuellement, Epic Mickey en impressionnera plus d'un. Il est en effet l'un des, si ce n'est le, plus beaux jeux de la Wii, Il n'a certes pas les graphismes des consoles HD, et il lui arrive d'être pixelisé, mais ses couleurs vives et ses décors fournis sont un régal pour les yeux. Mais la véritable beauté des décors tiens dans le fait qu'ils sont presque tous interactifs. Tout est en effet modifiable à l'aide des deux peintures de Mickey, et l'on pourrait presque parler de deux Mondes différents à chaque fois. Mention spéciale pour le monde de la Montagne de Déchet. Le royaume d'Oswald est en effet perché sur une pile de produit dérivés Mickey, dans une ambiance Steampunk. On escalade donc un à un tous les objets crées à l'effigie de la souris, des simples bande-dessinées aux jeux sur NES, en passant par les téléphones et les réveils. Les décors de chaque monde sont des petits bijoux, même s'il peut nous arriver de nous perdre dans certains lieux labyrinthiques (DiscoveryLand, monde inspiré par Tron, notamment). Et même si le monde où se déroule le tutoriel n'est pas des plus réussi, on l'oubliera vite en découvrant Main Street et ses multiples cachettes. Il est important aussi de mentionner les nombreux petits niveaux en 2D, inspirés de tout les dessin-animés de Mickey, qui sont tous plus beaux les uns que les autres, même si on se passerait bien des nombreux allers-retours entre certains d'entre eux.

/ /

On regrettera néanmoins le peu de diversité des mondes et des personnages. En effet, en plus du monde de départ, le jeu propose quatre autres mondes inspiré par les anciens films et dessin-animé Disney, mais qui comportement toujours les mêmes personnages où presque ; Dingo, Clarabelle et Horace, sous toutes leurs déclinaisons, en fonction de l'univers. Certes, ils ne sont pas seuls, mais on aurait apprécié de croiser plus de têtes. Les ennemis eux, alternes entre Encreurs, monstres en peinture crées par le Fantôme, et Cromocrocs, des Robots de plus en plus puissant. Et même s'ils ne sont pas très variés, Mickey aura de quoi faire pour éliminer toutes ces créatures et ramener la paix dans le Monde de la Désolation. Enfin, les différentes versions de Pat Hibulaire, le boss de fin de nombreux niveaux, sont toutes plus originales les unes que les autres, et vous réservent bien des surprises... Au total le jeu peut se finir en une quinzaine d'heure en ligne droite, mais il faudra beaucoup plus de temps pour réussir chacunes des quêtes annexes proposées, et le recommencer plusieurs fois pour tout débloquer.

Une bande-son digne des dessin-animés

La bande-son est l'un des nombreux points forts du jeu. En effet, si les personnages (excepté Yen Sid dans les cinématiques) ne parlent jamais, ne s'exprimant que par du texte affiché à l'écran (ce que l'on regrette, car même si les cinématiques façon cartoon sont très réussies, elles sont bien silencieuses), la musique composée par Jim Dooley pour le jeu est tout simplement sublime. Warren Spector la qualifiait de "la meilleure musique de jeu vidéo jamais réalisée", et il n'était sans doute pas loin de la vérité. On sait que la musique est un élément essentiel dans les dessin-animé de Disney, depuis leurs apparitions (les premiers dessin-animés ne contenait d'ailleurs aucunes paroles), et le compositeur semble avoir réussi à retranscrire la magie qui entourait les musiques de nos films favoris pour en faire celle d'Epic Mickey.

/ /

On se laisse alors bercer par cette musique, qui s'adapte à chaque environnement et surtout à nos actions. On n'entendra donc pas la même musique dans un lieu, si l'on utilise la peinture ou le dissolvant, en aidant les habitants ou non. Les mélodies sont donc tantôt héroïques, tantôt mélancoliques, mais toutes aussi réussies. Que dire, par exemple, du thème du Beffroi, automate à moitié rouillé et premier boss du jeu, qui nous propose une version horrifique d'une des chansons des parcs à thème Disney ? Ou encore du thème d'Osville, l'une des musiques les plus tristes et mélancoliques du jeu, qui accompagne nos actions tandis que les personnages qui nous entourent pleurent ? La bande-son d'Epic Mickey nous prouve encore une fois que la musique est l'un des points essentiels d'un jeu vidéo.


Conclusion


Epic Mickey est une réussite. Bénéficiant d'une interactivité immense, et des plus beaux graphismes de la Wii, il exploite la console au maximum à l'aide de son gameplay original. Si sa caméra capricieuse gâche parfois le plaisir du jeu, on lui pardonnera vite ce défaut grâce à l'immersion qu'il propose, dans cette ambiance mélancolique où nos héros favoris pleurent.
Il s'agit d'un jeu que tous les amateurs de Disney se doivent de posséder dans leurs ludothèque, car il s'agit du plus bel hommage jamais réalisé aux dessin-animés de notre enfance.



Test réalisé à partir de la version française d'Epic Mickey.

Haut de Page

Retour aux articles

0 membre connecté
0 membre connecté sur KHResort